Depuis plus de deux semaines, des missiles et des drones traversent le ciel du Golfe, alors qu’une guerre que beaucoup dans la région cherchaient à éviter – entre les États-Unis, Israël et l’Iran – continue de s’intensifier. Les compagnies aériennes détournent leurs vols, les routes maritimes sont perturbées et les systèmes de défense aérienne de la région fonctionnent en alerte constante. Aujourd’hui, avec les attaques qui s’étendent aux infrastructures énergétiques, notamment aux installations gazières et aux sites de production, il est probable que la guerre soit entrée dans une dangereuse phase d’escalade.
Pourtant, les gouvernements confrontés aujourd’hui à ces risques ont été parmi ceux qui ont le plus tenté de prévenir le conflit, encourageant les négociations ces derniers mois et mettant en garde contre les dangers d’une escalade.
Pour les gouvernements de Riyad, d’Abou Dhabi, de Doha et d’ailleurs, ce moment est particulièrement troublant car il perturbe une stratégie qu’ils ont passé des décennies à tenter d’élaborer. Les États du Golfe ont cherché à se protéger des cycles de conflits de la région grâce à un mélange de diversification économique, d’engagement diplomatique et de partenariats de sécurité soigneusement gérés. Cette stratégie reposait sur trois piliers : le recours aux garanties de sécurité américaines, une approche prudente envers l’Iran et l’expansion des liens économiq...
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